“Et si l’Évangile était le seul remède à nos multiples souffrances !” : PÈRE ROMUALD HOUNSA

Verbum Domini du 5ème dimanche du temps ordinaire Année B

 

C’est un cri de cœur qui pourrait surgir à la lecture des textes de ce cinquième dimanche du Temps ordinaire de l’Année B. En effet, à la détresse du vénérable Job répondent successivement l’allégresse du psalmiste qui chante le bonheur de fêter Dieu, la liesse de l’apôtre Paul qui trouve dans l’annonce de l’Évangile la source de son bonheur et la proclamation de l’Évangile par Jésus avec l’éradication de toutes sortes de mal. Autrement dit, aux sept cas de souffrances repérables dans les textes de ce jour correspondent les sept occurrences du mot Évangile qu’on peut retrouver également dans la Parole Dieu de ce jour. Et pour peu qu’on s’intéresse à la signification des chiffres dans la Bible, le 7 étant le symbole par excellence de la perfection – on en arrive au message essentiel de ce dimanche : A la plénitude de la souffrance dans le monde répond la plénitude de l’évangile.

Restent maintenant à identifier les sept lieux de la souffrance évoqués dans les textes de ce jour et à montrer comment l’Évangile, présent aussi 7 fois dans ces textes, en constitue le remède ?

  1. La souffrance dans le monde du travail

Si le bienheureux Job, au fort de sa souffrance, se permet de résumer la vie de l’homme sur terre en une corvée avec des journées de manœuvre, c’est que le travail de l’homme qui originairement consistait à cultiver et à garder le jardin d’Eden (Gn 2,15) est devenu très tôt une profonde source de souffrance et ceci à cause du péché de l’homme (Gn 3,17). La souffrance dans le monde du travail aujourd’hui a noms l’injustice, l’exploitation de l’homme, la déshumanisation, le retard dans le paiement des salaires, les licenciements injustifiés, le refus de grève etc. Le remède que propose l’Évangile à cette forme de souffrance c’est de comprendre que tout travail quel qu’il soit, comporte une mission évangélisatrice.  Si l’Apôtre Paul s’est écrié : Malheur à moi si ne j’annonce pas l’Évangile, c’est que l’annonce de l’Évangile doit constituer une partie intégrante de toute notre vie, y compris notre travail. Par ailleurs, pour éviter la souffrance dans le monde de travail, la doctrine sociale de l’Église s’est inspiré de l’Évangile pour établir des principes forts devant régir le monde de l’employeur et de l’employé. C’est le moment de les revisiter.

 

  1. La souffrance liée au manque de liberté

L’évocation de l’esclave qui cherche un peu d’ombre, dans la première lecture, peut non seulement renvoyer au monde du travail dont nous venons de parler mais aussi et surtout à toute forme de souffrance liée à l’avilissement de l’homme. Avilissement lié à l’emprise de quelqu’un d’autre, de l’argent, de sa propre image, de la drogue, bref de toute situation de dépendance dans laquelle l’homme est asservi. Ici l’Évangile reste la source de la libération de l’homme. L’exemple de Paul reste très parlant à propos. « …Oui, libre à l’égard de tous…, je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns » 1Co,9, 16-19… C’est l’Évangile qui l’a libéré pour qu’il soit au service de tous. Rattrapé sur les chemins de Damas, l’Évangile lui permet de sortir de la souffrance liée à l’aveuglement dans lequel il vivait.

 

  1. La souffrance psychologique et psychique

Cette forme de souffrance se comprend quand Job dit : « A peine couché, je me dis quand pourrai-je me lever ? Le soir n’en finit pas : je suis envahi de cauchemars jusqu’à l’aube ». Cette souffrance peut résulter de plusieurs situations. Ici c’est la douce espérance que l’Évangile propose qui en est le remède.

 

  1. La souffrance liée à la vie de famille

En parlant de cœurs blessés le psalmiste stigmatise cette souffrance qu’on peut rencontrer dans la vie de couple et de famille. Cette souffrance va de l’infidélité du conjoint aux violences subies en couple, en passant par les difficultés de conception et d’éducation des enfants et des conflits dans nos familles etc. En guérissant la belle – mère de Simon Pierre, le Christ replace la famille comme lieu important de la mission évangélisatrice. C’est dans cette famille qu’on lui amène toute sorte de malades pour qu’il les guérisse. Si nos familles étaient des lieux où l’Évangile est partagé et vécu, on n’y souffrirait pas.

 

  1. La souffrance liée à toute quête de sens dans la vie

Cette forme de souffrance transparait dans la longue recherche qu’entreprennent Simon et ceux qui étaient avec lui pour trouver Jésus. Ils étaient comme perdus sans lui. Que de souffrances sont liées à cette absence de Jésus dans la vie de ceux qui sont en quête de sens pour leur vie ! Et cela les amène à se fourvoyer partout. Rappelons-nous ici la conclusion de Saint Augustin quand il retrouve finalement Jésus après de longues années de souffrances liée à la recherche de sens à donner à la vie : Tu nous as fait pour toi Seigneur et notre vie est sans repos tant qu’elle ne demeure en toi.

 

  • – La souffrance liée à la maladie et la possession diabolique

Dans l’évangile de ce jour, Jésus guérit la belle-mère de Pierre atteinte de fièvre et tous ceux qu’on lui a amenés. Il expulsa également les démons. Il se place ainsi comme le véritable guérisseur de toute maladie et de toute souffrance liée à la ruse du démon.

 

Bien aimés frères et sœurs, l’Évangile, la Bonne Nouvelle dont il est question est bien autre chose qu’un simple bouquin, qu’un écrit. L’Évangile n’est autre chose que la personne de Jésus. Il est la Parole vivante de Dieu, la Bonne Nouvelle, l’Évangile descendu du Ciel pour nous sauver. C’est donc Lui le remède par excellence à toutes nos souffrances.

PÈRE ROMUALD HOUNSA

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